Selon le dernier baromètre semestriel de VIAS, 15 cyclistes sont décédés sur les routes wallonnes lors des six premiers mois de l'année. C'est inquiétant, et le nombre d'accidents à vélo ne décline pas non plus depuis 10 ans. Le GRACQ demande que des mesures plus énergiques, portant notamment sur l'infrastructure, soient mises en oeuvre rapidement.

Statistiques cyclistes tués en Wallonie (2010-2019)

Le graphique ci-contre montre assez clairement l'évolution du nombre de décès à vélo sur les routes wallonnes depuis 2010. Contrairement au bon bilan du premier semestre 2018 (zéro cycliste décédé sur place), on vient de dépasser en six mois cette année le nombre total de victimes pour 2016.

Une très mauvaise nouvelle ! Même si ce semestre est également médiocre pour tous les usagers de la route en Wallonie (à l'exception des piétons) : 38 tués de plus par rapport à la même période en 2018.

Mais comment expliquer un tel résultat ? Nous partageons l'analyse de Benoit Godart, porte-parole de VIAS, sur le manque d’infrastructures sécurisées au sud du pays : "En Wallonie, on est passé de 0 à 15 tués rien que pour les cyclistes. De plus en plus de personnes prennent l’habitude d’aller au travail à vélo. Mais les infrastructures ne suivent pas toujours. La Wallonie a du retard pour la mise en place de pistes cyclables sécurisées et en sites propres. Pour preuve, 13 accidents mortels sur 15 ont eu lieu entre un vélo et un véhicule motorisé."

Statistiques blessés à vélo en Wallonie (2010-2019)

Pas d'amélioration en vue...

La tendance de fond observée depuis 10 ans en Wallonie a de quoi inquiéter : le nombre d'accidents corporels et de blessés à vélo ne décroit pas.

Bien entendu, il faut reporter ceci à l'évolution de la pratique du vélo en Wallonie. Mais les grandes enquêtes récentes, comme MobWal (1,7%), Monitor (2%), ou le Diagnostic 2017 des déplacements domicile/travail (1,6%), montrent une faible évolution de la part des déplacements à vélo en Wallonie.

Comment agir ?

Pour cibler les mesures les plus efficaces, il faudrait disposer d'une analyse des causes des accidents impliquant un vélo en Wallonie. C'est ce que recommandent les Etats Généraux Wallons de la Sécurité Routière depuis 2017. À ce jour, cette analyse n'a pas encore été effectuée. On doit dès lors chercher des pistes d'action dans les informations partielles à notre disposition, notamment via des coupures de presse.

Deux personnes décédées l'ont été dans un accident avec un poids lourd. Le problème fréquent avec ceux-ci est l'angle mort des camions, qui les empêche de voir les cyclistes. Zone avancée pour cyclistes à BruxellesPour prévenir ce danger, il est indispensable de réaliser au plus vite les nombreuses zones avancées pour cyclistes, qui permettent de se placer devant le camion et, surtout, de démarrer sa traversée de carrefour avant les autres véhicules.

Des phases spéciales de feux sont aussi à envisager, comme le feu vert intégral qui permet aux cyclistes de traverser un carrefour sans aucun autre trafic motorisé.

Deux autres cyclistes ont été mortellement renversés par des personnes ayant bu. La lutte contre l'alcoolémie est un combat à amplifier. La perte de points sur son permis, toujours pas d'application en Belgique, pourrait aussi freiner la conduite en état d'ivresse, plutôt qu'une simple amende.

Enfin, certains ont été renversés alors même qu'ils circulaient sur une piste cyclable marquée (à la peinture). C'est une demande récurrente du GRACQ : les aménagements physiquement séparés doivent être la norme pour la sécurisation des voiries régionales à plus de 50km/h.

Luc Goffinet

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